J’ai eu 7 projets (CDIs, voyage, projets entrepreneuriaux) différents en 4 ans.
Crois-moi, avec mes proches, ça a été des longues conversations autour de ces changements fréquents…
Et forcément en me comparant, l’estime de soi s’effrite job après job. Ceci dit, j’ai toujours su qu’au fond, mes choix étaient les bons (pour moi) sans trop conscientiser pour quoi.
Mes choix étaient simples, si les actions que j’effectue quotidiennement ne mettent pas en joie alors je ne suis pas à la bonne place. Et j’ai donc toujours cru que la bonne place finirait par apparaître si j’explorerais assez.
Au bout d’un moment, j’ai quand même réalisé que l’énergie se consumait dans l’exploration elle-même.
Chaque nouveau départ prenait un peu plus sur les réserves. Et repérer ça quand on est dedans, c’est difficile.
Le problème, en fait, c’est qu’on peut explorer indéfiniment. Il y a toujours une variable à changer : le secteur, le format, les partenaires. Et tant qu’on ne capitalise pas sur ce qu’on a déjà fait, l’exploration n’a pas de fond. Elle devient une façon de repartir à zéro, de fuir, plutôt que de construire sur ce qui existe.
En 4 ans, j’ai sans doute lancé des projets sans la compréhension de mon passé.
Il existe heureusement des grilles de lecture pour nous aider à voir plus tôt ce qui se joue : le Human Design, les valeurs de Demartini, le thème astral, et j’en passe.
Ces outils sont super intéressants je trouve pour arrêter de te juger pour ce que tu as déjà fait. Ils te font gagner du temps dans ta propre reconnaissance.
La question se pose alors : quand est-ce que l’exploration devient un piège ou une force dans la quête de sa place pro ?
Pour savoir si continuer à lire cet article est intéressant pour toi, répond à ces questions :
- Tu testes plein de projets différents depuis quelques années ?
- Tu perds la motivation dès que tu sors la première version, et tu te convaincs que c’est pas ton truc ?
- À contrario, tu es ultra motivé au début : en quelques jours, tu valides les premières hypothèses marché ?
- Mais tu te demandes quand même si tes compétences sont vraiment solides, ou si tu sais faire plein de choses sans en maîtriser aucune vraiment en profondeur ?
Si tu as coché 3 ou 4, tu t’es probablement déjà dit : j’en ai marre de recommencer. J’ai envie de construire quelque chose qui dure. Alors je t’invite à continuer.
Un profil câblé pour explorer
Il y a quelques mois, j’ai découvert le Human Design.
Je suis Profil 1/3 : Investigateur et Martyr. Le profil dans le Human Design dit comment tu apprends, comment tu construis ta crédibilité, comment tu interagis avec le monde.
La ligne 1, c’est l’Investigateur. Besoin de comprendre les fondations avant de s’engager. Avant de me lancer dans quelque chose, je veux vraiment comprendre. Ça se manifeste par une recherche approfondie avant une décision, un besoin de tester longuement, une tendance à poser beaucoup de questions. Et avec le temps, cette ligne construit une expertise réelle.
La ligne 3, c’est le Martyr. Elle apprend par l’expérience directe, par le corps, par essai et erreur. Je peux avoir lu tous les livres sur l’entrepreneuriat, suivi toutes les formations : tant que je n’ai pas expérimenté dans ma réalité, la connaissance reste incomplète. Ce n’est pas de l’instabilité. C’est le processus naturel de test du profil. La première fois que je lis ça, je repense à toutes les discussions où j’ai eu à me justifier et qui m’ont fait douter de mon propre design.
Ces deux lignes coexistent. Et si tu as bien lu, en apparence, on pourrait se dire qu’elles se contredisent.
La ligne 1 veut des bases solides avant d’agir. La ligne 3 apprend en agissant. J’ai oscillé entre les deux pendant des années sans comprendre que les deux étaient nécessaires. Résultat : j’ai beaucoup lu. Beaucoup testé. Beaucoup appris et… Souvent par le ratage.
Mais il y a un piège propre à ce profil.
C’est la boucle : expérimenter, analyser, apprendre, recommencer, sans jamais transmettre ni concrétiser. La ligne 1 peut surinvestir dans la recherche pour se sentir légitime avant de se montrer. Accumuler encore un peu de savoir, pour enfin mériter de prendre sa place.
Comprendre mon architecture m’a aidé à ne plus me juger pour mes 7 projets. Mais ça n’expliquait pas tout. Il restait une question : pourquoi la boucle continue, même quand on la voit ?
Pour faire ton Human Design et checker ton profil, clique ici.
Quand explorer devient une fuite
C’est via la psychologie et le coaching que j’ai réalisé qu’il y avait une peur mêlée à toute cette quête. Je cherchais à trouver ma place mais en ayant peur de prendre ma place. Et oui, c’est tellement paradoxal la vie.
Je suis tombé sur une vidéo qui a mis un nom dessus : le syndrôme de Peter Pan.
Peter Pan, c’est l’adulte qui ne veut pas choisir. Qui garde toutes les options ouvertes. Qui reste dans le potentiel, parce que le potentiel n’a pas encore échoué.
L’idée : choisir, c’est accepter la petite mort de toutes les autres potentialités. Si tu en as cent et que tu en réalises une, tu tues les quatre-vingt-dix-neuf autres. C’est pour ça que certains n’arrivent pas à choisir, pas par paresse, mais parce que choisir, c’est accepter d’être fini.
Notre époque amplifie ça. L’optionalité est partout. Dans les carrières, dans les projets, dans les relations. Il y a toujours quelque chose de potentiellement mieux juste après. Alors on teste, on repart, on réexplore.
La vingtaine est souvent le bon moment pour ça. Explorer ce qui nous donne de l’énergie, ce qui nous vide, qui on est vraiment, cette phase a une valeur réelle. Je ne la renie pas.
Mais elle a aussi une date de péremption.
À partir d’un certain moment, rester dans l’exploration devient une fuite. Et ce qu’on perd en restant là, c’est l’effet composé. Une compétence, une relation, un projet s’approfondissent avec le temps. Si on repart avant que ça pousse, on n’en voit jamais les fruits.
Le moment où j’ai vraiment compris ça, c’est après la semaine que j’ai organisé à Guérande. Un programme que j’avais construit de A à Z pour les entrepreneurs qui avaient besoin de clarifier leur vision. À la fin de la semaine, les gens pleuraient de gratitude. Il s’était passé quelque chose de réel. Au-delà de ce que j’avais imaginé.
Et j’ai repris mes habitudes passées. J’ai observé ce que j’avais créé sans m’en emparer. Je suis resté là, sans bâtir sur cette lancée.
C’est ça, Peter Pan. Quelqu’un qui fuit devant un projet qui l’oblige à choisir.
Faire la boucle entière
Une des réponses, quand on a un profil 1/3 et que le syndrome de Peter Pan nous guette, c’est de faire la boucle complète.
Apprendre, essayer, transmettre, les trois, en parallèle.
La psychologie, comprendre l’humain, ça a toujours été là de mon côté. J’envisage alors une formation autour de ces sujets dans les mois qui arrivent : travailler la théorie le soir, les ateliers la journée. La ligne 1 s’exprime dans la formation et la ligne 3 dans l’expérimentation via les ateliers.
Ces deux lignes ont besoin de se nourrir l’une l’autre, pas de se bloquer. La formation devient un carburant en parallèle de l’expérimentation.
Créer un système, un cadre afin d’alimenter cette boucle m’aide à créer cette nouvelle identité et dépasser ce syndrome.
Prendre sa place
Aujourd’hui, je remercie ma grande phase exploratoire.
L’exploration m’a donné quelque chose que je n’aurais pas pu acheter autrement.
Une matière accumulée sur plusieurs années : la facilitation, la transition professionnelle, le corps comme boussole, les groupes qui transforment. Une crédibilité par le vécu, pas par les diplômes. La ligne 3 a fait son travail.
Pour t’aider à naviguer dans ce passé, je te conseille cet exercice : écrire ce que chaque expérience m’a réellement appris et transmis. J’en parle dans ce précédent article.
Par contre, pendant des années, j’ai cherché à trouver ma place. Ce que j’apprends maintenant, c’est à prendre ma place.
Ce n’est pas le même mouvement.
Trouver sa place, c’est chercher. Prendre sa place, c’est choisir. Et choisir, ça ne veut pas dire fermer des portes pour toujours, ça veut dire savoir sur quelle porte frapper maintenant.
Je pense que cette phase d’exploration a été nécessaire. Elle m’a prouvé sur quels terrains j’excelle. Elle m’a donné une culture large, des liens dans des milieux très différents, une résilience que je n’aurais pas construite autrement.
Mais aujourd’hui, je suis prêt à assumer les responsabilités que cette profondeur demande. M’autoriser à choisir un projet parce que j’y crois, pas parce que je cherche encore.
Je ne pense pas que l’exploration soit terminée car elle fait partie de mon design. Ceci dit, je pense qu’elle entre dans une nouvelle phase, plus ciblée, plus profonde, au service d’un ancrage.
C’était Yoann - Ciao !