Une seule vie. Celle-ci peut s'arrêter du jour au lendemain.
Alors l'idée, c'est d'apprendre à kiffer le process de la vie. Le petit hic ? On a commencé par créer, chercher, construire depuis des espaces intérieurs traumatisés.
Selon moi, nous sommes ici, sur cette Terre, pour résoudre ces conflits intérieurs.
Ces espaces peuvent être comblés sur le court terme par trois cadeaux externes : le pouvoir, l'argent ou la reconnaissance. Des conditions qui donnent accès à une paix intérieure, éphémère.
Ces cadeaux nous rassasient un moment. Mais lorsqu'ils ne font plus effet, ou qu'un drame extérieur survient, des questions existentielles arrivent et peuvent ronger, sans qu'on ait les outils pour y répondre. En même temps, on ne nous a jamais appris à le faire.
Ma drogue à moi ? La reconnaissance extérieure.
Ma question existentielle ? Qu'est-ce que je veux vraiment ?
J'ai construit mon identité sur un système de reconnaissance externe : les notes à l'école, les classements dans les sports. Ce système fonctionnait bien.
Jusqu'au jour où il s'est effondré.
À l'école, les règles étaient claires. Notes, classements, diplômes : une reconnaissance extérieure régulière qui disait "tu avances". Dans le monde professionnel, ce système disparaît. La reconnaissance devient rare, parfois inexistante. Et ceux qui ont construit leur identité dessus se retrouvent à vide, sans trop comprendre pourquoi.
Ce vide, de mon côté, s'est résumé à une course effrénée : quatre ans de "vie active", six ou sept métiers différents, trois CDI en quatorze mois, un voyage d'un an à l'autre bout de la Terre, trois projets entrepreneuriaux.
Et dans ma tête, en boucle : "Qu'est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ?" Une cage mentale. Une fatigue invisible, mais constante.
Car finalement, tout ce que j'avais testé ne me remplissait pas. Je le faisais mécaniquement. Avec plus ou moins le même schéma : retrouver de la "reconnaissance".
Et une fois cette reconnaissance externe atteinte… tout explosait à nouveau. Perte d'énergie. Corps déconnecté. Une telle souffrance que j'arrêtais souvent en "période d'essai".
Mais un jour a changé ma vie. Le 14 juin 2024.
Quelques jours avant, ma mère et ma meilleure amie m'avaient dit la même chose : "Yoann, tu es dans l'inaction." Un serrement immédiat dans le plexus solaire, et surtout une incompréhension de mon côté (attends, tu as vu toutes les actions que j'avais mises en place ?!?).
Mais ce jour-là, le 14 juin, je n'ai pas fui cette sensation corporelle. J'ai ouvert une note sur mon téléphone. Et j'ai commencé par écrire : "Quand on me dit que je suis dans l'inaction, j'ai le plexus solaire qui se serre."
De cette phrase a commencé une écriture automatique. J'ai continué avec une synthèse de ma vie professionnelle : ce qui me mettait en énergie, ce qui me plombait. J'ai couché sur papier toute cette charge mentale. Et pour conclure cette note, sans réfléchir, j'écris :
"Je t'aime Yoann. Je t'aime sensible. Je t'aime extraverti."
Et là, mon corps a réagi à cette reconnaissance intérieure. J'ai pleuré. Des larmes incontrôlables pendant dix bonnes minutes, ni de tristesse, ni de joie. Comme si j'avais fait le tour de mon identité. Comme si je prenais de la hauteur par rapport à mon histoire. Plus de brouillard mental. Plus de barrières. Juste une présence totale, un sentiment que tout était possible.
Et j'ai écrit une autre phrase, sans réfléchir :
"Je veux aider les gens comme moi. J'ai tellement souffert. Stop."
Une deuxième vague est montée, dans le bas-ventre. Une chaleur profonde, mêlée à une colère, une énergie que je n'avais jamais ressentie. Comme un moteur qui venait de s'allumer.
En quatre ans d'expérimentation, j'ai compris une chose.
J'ai agi depuis la survie, depuis la peur du regard des autres, depuis le besoin de validation, depuis un faux self construit à l'école.
Les actions depuis cet espace reproduisent la même boucle.
Chercher sa direction, trouver ce qu'on veut bâtir : c'est déjà créer. Mais ça ne peut pas venir d'un endroit de peur.
C'est à nous, à chaque humain, de créer le sens de sa vie depuis un espace de paix intérieur.
Le coût de ne pas le faire : une direction floue, une estime qui s'érode, une vie construite pour les autres plus que pour soi.
Nous avons des super pouvoirs pour ça :
Les relations. Une phrase douloureuse pour mon ego : "Yoann, tu es dans l'inaction." Elle m'a forcé à regarder ce que j'évitais. L'autre ne guérit pas. Mais il te tend un miroir que tu ne peux plus ignorer.
Le corps. Le serrement dans le plexus, les larmes qui arrivent sans prévenir, la chaleur dans le ventre. On cherche sa direction dans le bruit : les stratégies, les opinions, les actions. Mais dans les moments de transition, le corps sait avant la tête. Et c'est bien lui qu'on n'a jamais appris à écouter.
L'introspection. Écrire, observer, aller vers ses peurs plutôt que les fuir. Faire le tour de qui on est avant de décider ce qu'on fait.
Les émotions. Des lanternes dans notre process de vie. Suivre la joie, l'amour, la gratitude. Des signaux qui montrent que nos actions sont les bonnes pour nous, à ce moment T.
Ce manifeste est une invitation.
La prochaine fois que tu ressens quelque chose dans ton corps face à une décision, un serrement, une chaleur, une résistance, ne l'ignore pas. Écris ce que tu ressens. Pas ce que tu penses. Ce que tu ressens.
C'est là que tout commence.
Je construis ma philosophie au fil des articles, des rencontres, des lectures. En partageant ce que je traverse, ce que j'expérimente, ce que les gens que je rencontre m'apprennent.
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