Il y a un an, j’ai vécu une expérience intérieure que je n’avais jamais connue.

Un moment de bascule. Un instant de grâce, de larmes, d’alignement.

Tout est parti d’une simple phrase : “Tu es dans l’inaction.”

Dans cette première édition de ma newsletter, je vous raconte ce qui s’est passé ce jour-là, comment ce moment a changé ma perception de moi-même, et pourquoi il a posé les bases d’une mission de vie que je cherche maintenant à incarner 👇


Le contexte

Juin 2024.

Je suis dans une période floue sur le plan professionnel. Je viens de quitter un CDI, convaincu que ce travail ne me correspondait plus. C’était pas la première fois, non, une zone de transition que je connaissais bien : en quatre ans de “vie active”, j’avais déjà testé 6 ou 7 métiers.

Et à chaque fois, le même bruit mental, une même sur-stimulation intérieure :

“Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?”

Cette question tournait en boucle, m’épuisait, et rongeait peu à peu mon estime. C’était comme une cage mentale, une fatigue invisible, mais constante. Une vraie cage mentale, difficile à décrire autrement.


Le déclencheur

Mais cette période fut différente par rapport aux autres. J’ai eu deux conversations fortes avec deux personnes très proches : ma mère et ma meilleure amie.

Toutes deux, à leur manière, ont conclu la même chose (en tout cas de ce que j’ai perçu) :

“Yoann, tu es dans l’inaction.”

Et là, à chaque fois que j’ai entendu ces mots, j’ai senti un serrement intense dans le plexus solaire. Alors, j’ai voulu me défendre, me justifier : tout ce que j’avais fait, entrepris, exploré…

Ce qui rendait ces mots encore plus durs, c’est que ces deux femmes m’inspirent profondément par leur capacité à passer à l’action. Les entendre me renvoyer ça, c’était un tsunami émotionnel.


Le basculement

Quelques jours plus tard, quelque chose en moi m’a poussé à ne pas fuir ce malaise. J’ai ouvert une note sur mon téléphone et écrit simplement :

“Quand on me dit tu fais rien → plexus touché”

Puis j’ai laissé venir. Des phrases, des réflexions, parfois espacées de trente minutes. J’écrivais, je posais le téléphone, je revenais.

J’ai vidé mon esprit. J’ai observé ma peur de l’inaction. J’ai fait le point sur mes expériences, ce qui me mettait en mouvement, ce qui me plombait.

Et là, dans une voiture, ma mère à côté de moi, quelque chose s’est passé.

Sans réfléchir, j’écris :

“Je t’aime Yoann.”

“Je t’aime introverti.”

“Je t’aime extraverti.”

Ce n’était pas une manière de me glorifier.

Non. C’était une reconnaissance de soi.

À ce moment précis, j’ai compris que je n’étais ni une case, ni un métier, ni même une personnalité figée. Et surtout, cette impression d’être connecté à quelque chose de plus grand que moi.


La complétude

J’ai pleuré. Des larmes incontrôlables pendant dix bonnes minutes (ni de tristesse, ni de joie). Ma mère, surprise, pensait devoir arrêter la voiture. Moi-même, je ne comprenais pas.

Tout ce que je savais, c’est que je n’avais plus de brouillard mental, plus de barrières mentales, juste une présence à 100% avec le moment, tout était possible.

Et à cet instant, j’ai écrit une autre phrase, sans réfléchir :

“Je veux aider les gens comme moi. J’ai tellement souffert. Stop.”

Une deuxième vague est montée, cette fois dans le bas-ventre. Une chaleur profonde, mêlée à une colère. Comme un moteur qui venait de s’allumer.

Alors depuis ce jour, depuis 1 an, cette phrase tourne dans ma tête.

Sans trop savoir comment transmettre ça.

Aujourd’hui, je décide de le faire à travers ces lignes. De poser la première brique : cette newsletter, “Journal d’un moteur intérieur”. Un espace pour partager mes expériences, mes traversées, mes intuitions.

Et très concrètement, j’ai également ouvert ma maison à 5 entrepreneurs pour vivre ensemble une immersion.

Notre question centrale a été :

Que devient l’identité entrepreneuriale lorsqu’on diminue notre ego, au profit d’un lien authentique aux autres et à soi-même ?

Pour y répondre, j’ai imaginé 5 jours d’un parcours introspectif. Nous avons traversé nos peurs, mis des mots sur nos singularités… et exprimé au monde ce que nous avions réellement l’intention d’incarner. Résultat : des discussions profondes, des prises de décisions, des liens qui guérissent avec leurs parents notamment et une posture d’entrepreneur réalignée.

J’ai tout documenté ici.


🔁 Avec le recul, voici mon process d’expérimentation :

Honorer mon monde intérieur

Cela faisait plusieurs années que je cultivais la connaissance de soi. Mais le déclic est venu grâce au livre “La force des discrets” de Susan Cain. Il m’a permis de comprendre que se plonger dans son intériorité est une forme d’action profonde, une grande qualité et pas une faiblesse.

Écouter mon corps

Plutôt que répondre à chaud à cette phrase blessante, j’ai choisi d’écouter ce que mon plexus me disait. J’ai pris le temps de ressentir, d’observer, au lieu de me défendre.

Observer mes peurs par l’écriture

J’ai osé regarder en face cette peur de l’inaction. Sans fuir. Sans minimiser. Je l’ai confiée à l’écriture, et cela m’a ouvert un espace nouveau.

Lâcher le mental et laisser vivre

Enfin, j’ai cessé de chercher à comprendre. J’ai laissé mon corps, mon cœur, mes larmes prendre la place. Ce n’était plus un moment à analyser, c’était un moment à vivre.


Merci de m’avoir lu jusqu’ici.

Preneur de votre feedback dans ce nouvel exercice.

Yoann