Nous sommes le dimanche 15 juin 2025, dans 2 heures je reçois 3 entrepreneurs à la maison, avec l’intention de transformer leur vie d’entrepreneurs. L’objectif est ambitieux. Les aider à mettre plus de conscience sur qui ils sont, ce qu’ils veulent construire et comment ils veulent le faire.

Ils m’ont donné leur confiance et ont accepté de passer 1 semaine à mes côtés.

J’ai donc créé un parcours millimétré de 5 jours, où on utilise des outils somatiques, introspectifs et la puissance du groupe pour découvrir et développer sa boussole intérieure.

5 jours imaginés depuis un épisode personnel qui m’a transformé. (Article Substack où j’en parle).

Les retours de cette expérience parlent d’eux-mêmes.

Je crois à ce projet. Ce projet entrepreneurial est la chance de créer des revenus sur une valeur délivrée qui me met en joie. La définition même d’un job passion. Mon rêve.

Le produit et la promesse à ce stade sont simples : 5 jours pour clarifier ta raison d’être d’entrepreneur.

Il ne reste plus qu’à exécuter comme un entrepreneur ferait.

Mais la suite ne s’est pas passée comme prévue…


Ce qui se cache derrière ce sourire…

Ce qui se cache derrière ce sourire…

Nous sommes aujourd’hui le 25 mai 2026, cela fait presque 1 an que cette première immersion est terminée et je n’ai pas retenté l’aventure.

Avant de continuer l’histoire et donc mon bilan de cette première année de Bottega Experience, laisse-moi préciser l’objectif de cet article.

Je l’écris, dans un premier temps, pour moi, pour me rappeler mes apprentissages et avoir un souvenir de cette expérience.

Ensuite, je pense que cet article pourra résonner pour des personnes qui souhaitent se lancer dans l’accompagnement et qui veulent un retour honnête des premiers mois de l’entrepreneuriat. Ou bien des entrepreneurs plus matures qui se sentent perdus dans leur projet entrepreneurial et qui ont besoin de prendre de la hauteur un moment.

Dans tous les cas, c’est un retour honnête de ce que j’ai traversé et crois-moi, il est loin des success stories qu’on a sur les réseaux sociaux.


Le premier problème : le pricing

Revenons donc après cette semaine de test que j’ai réalisée pour tester mon idée.

À ce moment-là, je m’étais engagé à travailler l’été dans les marais salants de Guérande. Mon rythme était simple : 8h dans les terres guérandaises 7j/7 et le reste du temps, j’essayais de comprendre ce que je venais de vivre. J’ai écrit un article pour mettre de l’ordre dans tout ça et partager mon retour d’expérience. Et je réfléchissais à un business model viable, car j’avais déjà un problème.

J’ai eu la chance de pouvoir faire ce pilote car j’avais à disposition une maison gracieusement prêtée. Ce qui m’a permis de demander aux entrepreneurs la modique somme de 250€.

Mais si on revient sur les coûts réels d’une immersion de 5 jours, ça donne ça :

Budget / Semaine (4 chambres) :

Total : 2 020€ soit 505€ par personne.

Je répartis les coûts entre les 3 participants, donc 673€ par entrepreneur. Sans me payer.

Disons que je prends 200€ par tête de service d’accompagnement. Ça fait 873€ par entrepreneur.

J’ai réussi à convaincre ces entrepreneurs car c’étaient des entrepreneurs de mon réseau et la semaine était peu coûteuse pour eux.

Le vrai travail démarrait maintenant : convaincre des inconnus que la valeur perçue de mon programme méritait 873€ pour 1 semaine. Sachant que je veux rester sur la verticale développement personnel, car c’est ça qui me plaît le plus.

Je comprends vite une chose : cette valeur perçue peut s’appuyer sur plusieurs éléments :

À ce moment-là, je n’ai quasiment aucun de ces éléments. Pas de diplôme en coaching ou psychologie. Quelques retours positifs de mon réseau mais rien de visible publiquement. Et une présence en ligne inexistante sur ce sujet.


Fin août : le problème de la promesse

Nous sommes fin août, les vacances étaient chouettes, j’ai bien bossé aux marais mais je patauge dans la formulation de ma promesse.

Car je rappelle la mienne à la fin de ma semaine de test : 5 jours pour clarifier ta raison d’être d’entrepreneur.

Super… Mais ça répond à quel besoin exactement ? Quel problème ça résout ? Quels symptômes est-ce que ça soulage chez quelqu’un qui souffre assez pour sortir 873€ ?

Pour créer de la valeur, j’ai besoin de remplir un besoin, de résoudre des symptômes qui font souffrir une cible (ici les entrepreneurs).

Alors je décide de me concentrer sur quelque chose de plus concret, un problème que j’observe chez beaucoup d’entrepreneurs : créer du contenu authentique sans que ça devienne une contrainte. Toujours avec le même objectif en fond : aider des humains à se développer, à grandir face à leurs peurs existentielles. Mais avec une porte d’entrée plus tangible.

L’idée : créer une offre pour aider des entrepreneurs accompagnateurs à trouver leur voix sur les réseaux : podcast 1to1 où j’interroge/coach sur plusieurs semaines (1 épisode enregistré toutes les 2 semaines), ils repartent avec du contenu long et court. Les échanges tournent autour de la présentation de l’entrepreneur, des valeurs, du positionnement… En gros, il partage son quotidien business en mode build in public et clarifie ses idées, ses relations, sa stratégie, sa vision en live grâce à mes questions.

Je décide, mi-septembre, de rejoindre un programme d’incubation pour être entouré d’autres entrepreneurs et avoir un cadre qui va me permettre d’accélérer.

Je teste plusieurs cibles différentes : des entrepreneurs qui commencent. Le budget bloque.

Alors je teste une cible que je n’avais jamais testée : des entrepreneurs qui font plusieurs millions de CA par an.

Mi-novembre, je signe mon premier contrat avec Julien Musy.

En parallèle je rassemble des ressources pour me former au coaching. 2 de mes connaissances se prêtent au jeu, je les coache gratuitement pour monter en compétences.

Je donne également une conférence sur l’amour de soi. (replay ici)


L’atelier qui change tout

Et puis, je ressens le besoin de créer à nouveau des espaces physiques et retrouver cette puissance que j’avais ressentie pendant mes immersions quelques mois plus tôt.

Je prends l’essentiel du parcours, les moments les plus forts, et je les resserre sur 2 heures. Outils somatiques, introspection, puissance du groupe. Et je retrouve la même énergie.

Quand je prépare la conception pédagogique et le parcours censé transporter la personne d’un point A (des symptômes) à un point B (situation rêvée), je sens que j’aime faire ça. Ça a du sens pour moi. Et encore plus accompagner les personnes.

Je ne retrouve pas ça quand j’échange avec Julien pour le podcast.

Le podcast est bien fait. Julien est quelqu’un de bien. Mais je suis derrière une caméra, je pose des questions, je monte du contenu. Je ne suis pas dans la relation directe, dans le moment vivant avec quelqu’un qui traverse quelque chose. Et c’est exactement ça qui me manque, le contact réel, l’émotion qui passe dans la pièce.

Début janvier, deux mois et 9 épisodes plus tard. Après 2 500€ de chiffre d’affaires. Je décide d’arrêter. Pas facile quand c’est clairement ta source de revenus la plus importante, mais je retrouve des symptômes corporels qui me disent que je ne suis pas à ma place. Cette amertume qui bloque mon énergie, les mêmes symptômes que ceux de mes précédents jobs.


Le même mur

Je reprends les ateliers. Un par mois, de janvier à mars. Co-animés avec un thérapeute et une prof de yoga. Les sujets (oui, je teste plein de promesses différentes) me parlent, le lien amoureux comme miroir de soi, le vision board comme outil d’ancrage. Les ateliers se passent bien.

Mais le même mur revient à chaque fois.

Les gens qui franchissent la porte, c’est mon réseau. J’essaie le micro-trottoir, les flyers en boutiques. Rien. Les inconnus ne viennent pas. Je cumule à ce moment-là sans doute un mauvais marketing et un manque de confiance.


Ce que cette année m’a vraiment appris

Cette année m’a appris plusieurs choses que je n’aurais pas apprises autrement.

La première : je confondais l’absence de diplôme avec l’absence de valeur. Ce sont deux choses distinctes. Ne pas avoir le bon tampon ne signifie pas ne pas avoir la compétence. Ça signifie que la compétence n’est pas encore visible. Mais dans l’accompagnement, la compétence ne vient pas d’abord des livres. Elle vient de ce que tu as traversé toi-même et de la pratique. Alors j’ai pratiqué pour monter en compétences. J’ai continué à être accompagné sur mon propre chemin. Pas pour avoir un diplôme. Pour être honnête sur ce que je pouvais vraiment offrir.

La deuxième : mon corps sait avant ma tête si je suis à la bonne place, si j’effectue des actions qui me remplissent de joie. Car oui, l’amertume revenait à chaque fois que je m’éloignais du contact direct, ce n’était pas de la flemme. C’était une information. Une boussole interne fiable que j’ai maintenant.

La troisième : le contexte n’est pas un détail pour moi, c’est une condition. Travailler seul chez moi toute la journée ne me convient pas, pas par manque de discipline, parce que je fonctionne différemment. J’ai besoin d’un lieu, de mouvement, de présence humaine. Et j’ai besoin d’une équipe dans la durée, pas des co-créations ponctuelles, une vraie équipe avec qui se challenger dans le temps. Chaque fois que j’ai co-créé cette année, quelque chose était différent dans mon énergie, dans ma capacité à créer. C’est une façon de travailler que je vais maintenant construire, pas juste trouver par chance.

D’ailleurs, depuis avril, je suis en train d’écrire la suite, je ferai un autre article pour en parler.


Le vrai prix à payer

Je t’ai dit au début que j’écrivais cet article pour moi d’abord.

Ce que je voulais me rappeler : j’ai construit quelque chose de réel cette année. Alors oui, pas forcément encore un business qui tourne, des revenus stables… Mais des preuves, que je sais créer de la confiance, que je sais faire avancer les gens, que mon corps me dit quand je suis à la bonne place et quand je ne l’y suis pas. Ce n’est pas rien.

Et je sais maintenant une chose avec certitude : ce sujet ne me quittera pas. Il prendra des formes différentes selon les périodes, les contraintes, les opportunités que la vie amènera. Mais il sera toujours là.

Si tu veux créer ce genre de mode de vie : accompagner des gens, créer des espaces de transformation, vivre de quelque chose qui a du sens pour toi, voilà ce que ça coûte vraiment.

Ça peut coûter une période où ton produit fonctionne mais tu ne sais pas encore le vendre à des inconnus. Ça peut coûter de travailler seul, sans équipe, sans lieu, avec peu d’interactions, alors que tu fonctionnes à l’envers de ça. Ça peut coûter d’arrêter une source de revenus parce que ton corps te dit non, même quand ta tête hésite. Ça peut coûter de douter de ta légitimité alors que les preuves sont déjà là, dans les mots de ceux que tu as accompagnés.

Certains de ces prix, tu peux les réduire. Si tu te connais bien, si tu sais quel contexte il te faut pour exceller, si tu comprends que la confiance précède le produit en BtoC (connaissances business). Mais d’autres, tu les paieras quand même. Pas par manque de préparation : certaines choses ne s’apprennent qu’en les traversant.

C’est ça le vrai prix à payer pour créer ce mode de vie.

Rester patient. Les choses viennent à point à qui sait attendre.

C’était Yoann - Ciao !